Travaux : des solutions de relogement doivent être privilégiées

Dossiers - Prises de position

REVUE DE PRESSE – Dans la Tribune de Genève, Christophe Aumeunier, secrétaire général de la CGI, rappelle qu’il est essentiel de chercher des solutions de relogement lorsque les travaux l’exigent, tout en soulignant la responsabilité collective dans la réussite de la transition énergétique.

La situation de la centaine de locataires dont les baux ont été résiliés au boulevard Carl-Vogt est préoccupante et des solutions de relogement doivent leur être proposées.

La Chambre genevoise immobilière (CGI) recommande, toujours et dans toute la mesure du possible, d’effectuer les travaux nécessaires à un immeuble en gardant les locataires en place.

Force est toutefois d’admettre que cela n’est pas toujours possible selon l’ampleur des interventions, leurs nuisances et leur durée. Certains immeubles, comme ceux du boulevard Carl-Vogt, ont pris de l’âge et nécessitent des mesures de rénovation structurelle en particulier, ici, pour supprimer les chauffages à gaz individuels vétustes et pour installer une distribution de chaleur centrale conforme à la loi.
Ainsi ces travaux généreront des coupures de chauffage, des coupures d’eau, des percements des planchers entre les étages, de nouveaux sols, beaucoup de bruit, de poussière…Bref, il est impensable de maintenir des locataires dans ces conditions. Pour autant, cela ne dispense pas de rechercher des solutions de relogement.

Nous avons une responsabilité collective envers les générations futures de réaliser la transition énergétique souhaitée par l’ensemble de la population. L’on ne peut pas avoir la loi la plus ambitieuse de Suisse et imaginer que cela ne génère pas des travaux, parfois lourds.

Les discours de certains politiques qui alimentent et se nourrissent de la confrontation entre locataires et propriétaires sont vaseux lorsqu’ils réclament, à longueur de journée, que l’on soit plus actifs en faveur du climat et que les propriétaires fassent plus de travaux, plus vite.
C’est adopter un discours schizophrène déconnecté des réalités, de la complexité des travaux et de leurs conséquences pour les locataires que de réclamer, dans tous les cas, le maintien des locataires en plein travaux. La faillite de la politique du logement genevoise, en mains roses/vertes depuis trente ans, implique malheureusement une période toute aussi longue de pénurie de logements.

C’est précisément cette situation de pénurie qui rend indispensable de trouver des solutions de relogement lorsque cela est inévitable pour remplir des obligations légales et vertueuses. C’est une responsabilité, au premier chef du propriétaire, mais pas seulement si l’on est conséquent et que nous assumons collectivement les nécessités d’atteindre nos objectifs climatiques. Quelques actions concertées et efficaces seraient bienvenues, nous nous engageons à faire notre part.

C’est ensemble que Genève s’est construite, c’est encore ainsi qu’elle avancera.

Christophe Aumeunier
Secrétaire général de la CGI

Retrouvez l’article complet sur le site de la Tribune de Genève : www.tdg.ch